Gobson, la destruction...
Gobson retenait 1.000m3 de sédiments par an !
Construit en 1947, ce bassin de décantation avait prouvé son éfficacité. Encore fallait-il le vider régulièrement.
Quarante ans plus tard, il était oublié par l'ASRL dont il ne
dépendait plus, et par le SIBL qui avait fort à faire avec son réseau
étendu de ruisseaux.
Le
SIBL, Syndicat Intercommunal du Bassin du Loiret, a été créé par arrêté
préfectoral le 18/10/1949 pour l'aménagement et la remise en état des
ruisseaux et fossés du bassin du Loiret.

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En 1950, le rôle du SIBL était de faciliter l'écoulement de l'eau
afin d'éviter l'inondation des terres de culture du val.
Pour y arriver, il fallait recalibrer (élargir, supprimer les méandres) le Dhuy et ses affluents, dont la Marmagne :

A partir de 1956 furent construit des barrages à clapet pour conserver l'eau en saison estivale.
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Les
barrages à clapets construits par le SIBL avaient une fonction de
réservoir d'eau, alors que Gobson était chargé d'arrêter les sédiments.
Le
contrat territorial Dhuy-Loiret 2016-2020 avait inscrit 11 ouvrages à
"démanteler". C'est le SIBL qui fut chargé de mettre en oeuvre la
destruction de ce qu'il avait construit 60ans auparavant.
Gobson avait été intégré à ce programme de destruction dont le coût était provisionné à un peu moins de 300.000€.
Quand l'Association Syndicale de la Rivière Loiret prit connaissance du
contenu détaillé du contrat territorial, l'étonnement fit place à la
crainte.
La présidente de la CLE écrivit en janvier 2016 : "Concernant les inquiétudes évoquées par le prochain démantèlement de
l’ouvrage de Gobson, des précautions seront bien évidement prises. Nous avons
eu confirmation auprès de la technicienne de rivière que des analyses des vases
seront effectuées. Concernant l’arrivée des sédiments stockés derrière ce seuil
dans le Loiret, il n’est évidemment pas question de tout envoyer directement
dans le Loiret, de nombreux seuils ont été arasés et des retours d’expérience
existent."
Ce discours ne rassura pas l'ASRL qui demanda au Préfet de suspendre cette destruction en mars 2017.
Le préfet lui-même n'en eu sans doute pas connaissance, la réponse fut signée par un chef de service : réponse préfecture.
Gobson fut détruit en 2017. "Encore un barrage détruit ! ". La CLE,
la Commission Locale de l'EAU, en fit une vidéo largement diffusée sur
le site du SAGE https://www.dailymotion.com/video/k4iezKIdLADyIcovepW
Au
printemps 2018, le Dhuy apporta son lot de sédiments qui s'amoncelèrent
de la confluence jusqu'à plusieurs centaines de mètres en aval du pont
Cotelle...
La destruction de Gobson a été une erreur
Mais
qui a pu avoir cette idée saugrenue de détruire un tel outil sans se
poser la question de son utilité, sans le vider et sans se préoccuper
des conséquences ? « Pas nous ! » se défend la direction de
la Commission Locale de l’Eau : « la décision est collective et a été
prise par le comité de pilotage du contrat territorial Dhuy Loiret dont
la CLE est un membre parmi d’autres ».
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